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Chronique orthopédagogique Mystère et boule de gomme, Ski-se-Dit, octobre 2021, en collaboration avec Rachel Asselin-David, psychoéducatrice au CISSS des Laurentides

Avez-vous, écolier, passé des heures assis au coin de la table à recopier à l’infini les mêmes mots ou faire une page pleine d’opérations avec un certain automatisme ? Des heures de combat avec soi-même pour enfin terminer les devoirs et des leçons imposés, alors qu’un univers de plaisirs parallèle à celui-ci nous attend. Les devoirs et les leçons prennent souvent une grande place à la maison puisque nous accordons beaucoup d’importance à la réussite scolaire. Mais, pour bien des parents, ce n’est pas toujours une partie de plaisir et la relation avec leur enfant peut en écoper.

Or, les devoirs et les leçons n’ont pas autant d’effets positifs sur la réussite scolaire que la croyance populaire le prétend. Plusieurs études montrent que les devoirs et les leçons ont peu d’effets sur les apprentissages. Pourquoi alors maintenir cette pratique qui rebute enfants et parents ? C’est d’abord pour impliquer les parents dans le cheminement scolaire de leur enfant, car cela se situe en haut du palmarès des facteurs de réussite. S’intéresser à la vie scolaire de son enfant et allouer du temps à l’étude dans l’organisation familiale accordent une grande importance à la réussite scolaire.

Parallèlement, l’implication des parents favorise le développement du sentiment de compétence de l’enfant. Le développement du sentiment de compétence s’appuie principalement sur sa relation avec son parent au sein de laquelle il a besoin de « se sentir bon ». La période des devoirs et des leçons constitue ainsi une occasion de valoriser tant son sentiment de compétence que sa réussite scolaire.

Comme la coutume le veut, le parent s’attarde souvent à ce que les devoirs remis soient parfaits, alors que l’enfant a besoin d’être valorisé dans ses efforts et non dans ses résultats. Et c’est là où les conflits peuvent surgir puisque l’enfant souhaite éviter de se sentir incompétent aux yeux de son parent.

Il faut ici comprendre que le parent n’est pas responsable des apprentissages scolaires. L’enseignant est l’expert qualifié en enseignement. Si l’enfant éprouve des difficultés à réaliser le travail à la maison, il faut en aviser l’école. Dans le but de développer le sentiment de compétence de son enfant, il est préférable que le parent souligne chaque petite victoire lors de la période d’études plutôt que de s’acharner sur ses difficultés. Car au-delà d’un devoir parfait ou d’une dictée sans faute, l’enfant développe des méthodes de travail, il apprend à prendre ses responsabilités, à respecter les échéances et à vivre les conséquences de ses choix. Le rôle du parent est plutôt d’encourager son enfant à faire seul ses devoirs et ses leçons (en tenant compte de son autonomie) tout en demeurant disponible. En cas de difficultés, il vaut mieux inviter son enfant à demander de l’aide à son enseignante plutôt que vivre une situation conflictuelle avec lui.

L’enfant gagne ainsi davantage à avoir une bonne relation avec son parent qu’à remettre un devoir impeccable. C’est pourquoi il est recommandé de laisser un temps à l’enfant pour décompresser de sa journée d’école : il a besoin de repos.  Il est pertinent d’établir, dans la routine familiale, des temps pour étudier. De petits moments ici et là, s’ils sont préétablis, peuvent agir sur la motivation et l’attention de l’enfant. Par exemple, les mots de vocabulaire peuvent être étudiés dans le bain avec des crayons solubles à l’eau et les tables mathématiques, dans la voiture.

L’enfant a besoin de bouger. Il faut donc accepter qu’il fasse ses travaux assis, couché, debout, etc. Il a aussi besoin de sentir un certain contrôle. Laissons-le décider de l’ordre dans lequel faire ses travaux ou des crayons qu’il souhaite utiliser. Il a besoin de s’amuser et de créer. Faites une cabane sous la table et sortez la lampe frontale, utilisez des lettres aimantées, des applications web, faites un charivari. Enfin, ce dont l’enfant a le plus besoin est que son parent l’encourage et  le trouve merveilleux ! C’est pourquoi la relation parent-enfant est LA priorité pendant la période des devoirs et des leçons.

Vous manquez d’idées pour que la période des devoirs et des leçons soit une partie de plaisir tout en étant efficace, visitez la chaine YouTube de la Maison de la famille des Pays-d’en-Haut. Une dizaine de capsules vidéo proposent aux parents multiples trucs et astuces.