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Geneviève Cusson, Orthopédagogue M.A., chronique orthopédagogique Mystère et boule de gomme, Ski-se-Dit, août 2022

 

Ouf, la rentrée scolaire arrive à grands pas…  au grand bonheur de plusieurs parents. Pas que nous n’apprécions pas les vacances passées avec nos enfants, non! C’est simplement que d’assumer les rôles de la cuisinière, du taxi, de l’intervenante en gestion de conflits et celui de l’animatrice n’est pas de tout repos. Vivement le retour de l’autobus et de la cafétéria!

Mais pour les parents d’un enfant qui a des troubles d’apprentissage, la rentrée scolaire rime avec recommencement. Oui, oui! Il faut recommencer, comme à chaque année, à expliquer à la nouvelle enseignante qui est notre enfant et qu’est-ce qui doit être mis en place pour l’aider à réussir son année.

Toi, parent d’un enfant qui a un trouble d’apprentissage, je sais que tu as déjà expliqué les besoins de ton enfant l’année dernière et les trois ou six années précédentes. Je comprends ton inquiétude et ta lassitude devant la nouvelle année scolaire qui débute. Je l’ai vécu, ce recommencement, et le vis encore. Je sais aussi que tu as peur de déranger et d’être vu comme un « parent fatigant ». Mais, cette rentrée-ci, recommence encore… un peu différemment.

Conseils d’une maman orthopédagogue dont un enfant est atteint d’un trouble d’apprentissage

Cette année, n’attends pas pour présenter ton enfant à sa nouvelle enseignante et pour lui expliquer ce qui fonctionne pour lui. N’attends pas qu’elle découvre tout cela au fil du temps. N’attends pas après la première communication pour te manifester, après avoir constaté un peu tardivement, encore une fois, que ça ne va pas super bien pour lui. Un mois d’apprentissage, c’est dur à rattraper quand tu enfiles un second mois d’apprentissage… avec des difficultés à apprendre.  

Ce que tu ne sais pas, parent, c’est que pendant les trois journées pédagogiques de la rentrée, celles où les enseignantes préparent les étiquettes avec le nom de leurs nouveaux élèves dessus, les enseignantes manquent cruellement de temps pour préparer leur accueil. Parmi les bureaux manquants, les comités, le code du photocopieur oublié, peu d’entre elles ont le temps de consulter en détail le dossier scolaire des trois, quatre ou six élèves qui ont des besoins particuliers dans leur classe. Elles ont encore moins le temps de préparer pour eux tout ce qu’il leur faut. Alors, cette année, prends les devants et contacte la nouvelle enseignante de ton enfant avant la première journée d’école.

Explique à cette nouvelle enseignante qui est ton enfant et quels sont ses besoins.  Exprime-lui tes inquiétudes, mais aussi tes attentes. Établissez ensemble un moyen de communication rapide, simple et efficace. Expose-lui les limites de ce que ton enfant peut faire comme devoirs et leçons tout en la rassurant : tu l’accompagneras toute l’année durant. Offre-lui de la supporter en préparant du matériel adapté pour ton enfant parce que tu sais qu’elle a déjà les bras bien pleins avec la vingtaine de petites têtes devant elle au quotidien. 

Cette année, prends le temps d’établir des bases de communication et un véritable partenariat parce c’est avec elle que ton enfant passera ses journées pour les dix prochains mois, dans son deuxième milieu de vie. Et c’est justement parce qu’il s’agit de son deuxième milieu de vie qu’il est essentiel que ta relation avec elle soit courtoise, empathique et supportante. Celui qui en tirera les bénéfices, c’est ton enfant!

Lorsqu’une enseignante sait qu’un enfant en difficulté de sa classe est supporté et est suivi de près par son parent, elle le suivra et le supportera aussi. Pas parce qu’elle se sent traquée, non! Mais parce qu’elle se sent épaulée et qu’elle perçoit qu’il y a des gains à cette collaboration. 

Ce recommencement, cher parent, tu devras le vivre encore longtemps. C’est les yeux pleins d’eau qu’une maman me racontait récemment qu’elle peut enfin cesser de retenir son souffle : son enfant dyslexique-dysorthographique vient de terminer avec succès ses études collégiales à 23 ans. Je te l’accorde, à un certain moment, toi, parent, n’appelleras plus les enseignants de ton enfant. Mais ce recommencement, c’est auprès de ton enfant que tu le feras, à savoir s’il a utilisé toutes ses ressources et stratégies, s’il a avisé ses enseignants de son trouble, s’il a planifié ses études, etc.

Toi, parent d’un enfant qui a un trouble d’apprentissage, relève tes manches et recommence! Tu connais mieux que quiconque ton enfant et ses besoins. Prends les devants! Du coup, donne l’exemple, car ton enfant devra, un jour,  prendre le relai et ce sera à lui d’expliquer encore et encore son trouble d’apprentissage et ses stratégies pour y remédier.

 

 

 

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